Le Mercredi des Cendres

Dans l'Ancien Testament, les Hébreux qui voulaient obtenir le pardon de Dieu s'asseyaient dans des cendres ou s'en couvraient la tête. Lorsque Jonas prédit aux habitants de Ninive que Dieu détruira leur ville s'ils ne deviennent pas meilleurs, le roi lui-même agit ainsi : 
"Il se lève de son trône, quitte son manteau, se couvre d'un sac et s'assied sur la cendre". (Jonas, 4-6) 
Et toute la ville fait de même. 
Et Job! Il lui arrive tous les malheurs : il perd toutes ses richesses, ses enfants meurent, il tombe malade. Il croit que Dieu le punit parcequ'il n'est pas assez bon et "il s'installe parmi les cendres". (Job, 2,8) 
C'est de là que vient la fête des Cendres (toujours célébrée un Mercredi) qui ouvre une période de pénitence de quarante jours : le carême. 
Ces quarante jours rappellent deux événements : les quarante ans de la marche des Hébreux vers la Terre promise, après le départ d'Egypte, et les quarante jours de jeûne de Jésus au désert. Pour les Hébreux comme pour Jésus, il fallait surmonter le découragement et garder confiance en Dieu. C'est exactement ce que l'Eglise demande aux chrétiens le jour des Cendres. 

Au cours de la Messe, le prêtre impose les cendres. En procession, les fidèles présents se dirigent vers l'autel en implorant Dieu de changer leur coeur : 
"Donne-nous, Seigneur, un coeur nouveau, 
Mets en nous, Seigneur, un esprit nouveau." 
Au pied de l'autel, le prêtre trace, avec des cendres, une croix sur le front de chacun en disant : 
"Convertissez-vous et croyez à l'Evangile". 
Cette phrase est tirée d'un texte dans lequel saint Marc nous invite à changer de conduite : 
"Le moment est venu qu'annonçaient les prophètes. Le royaume de Dieu est là. Changez de conduite et croyez à l'Evangile." (Marc, 1,15)
Bien sûr il ne s'agit plus maintenant de s'asseoir sur les cendres, pour faire pénitence, et d'attendre que les quarante jours passent ! Ce n'est pas non plus la peine de se priver de nourriture si on ne partage pas ce qu'on a en trop avec ceux qui n'ont pas assez. Au début du carême, chaque chrétien est invité à changer de conduite : il doit essayer de s'améliorer, d'une façon ou d'une autre. Par exemple, Denis est rêveur, il met un temps fou à faire son travail et cela provoque des histoires à la maison ! Il a décidé de faire tous ses efforts pour être plus rapide et plus efficace. Et ce sera sans doute difficile !
Pour rappeler le jeûne de Jésus au désert, parfois on organise à l'école une opération "bol de riz", les enfants se réunissent pour dîner d'un peu de riz et l'argent économisé sera envoyé à des enfants qui ne mangent pas à leur faim.
Et pour suivre le conseil de Jésus, ils seront particulièrement joyeux ces soirs-là :
"Toi, quand tu jeûnes, mets du parfum sur ta tête et embellis ton visage. Que ton jeûne ne soit pas connu des hommes mais de ton Père qui est dans le secret. Et ton Père, qui est dans le secret, te récompensera." Matthieu, 17-18

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